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DRASSM et MDAA
Un partenariat de vingt ans…
  Le mot du commissaire  
       
Il est assez rare que des administrations de natures différentes travaillent en commun sur le long terme et plus inhabituel encore que les chercheurs de deux disciplines communient sur le même projet pendant de très longues années. C’est pourtant ce qui se passe à Arles où les archéologues du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (Service à Compétence Nationale du Ministère de la Culture et de la Communication), et les conservateurs, les restaurateurs et l’ensemble des professionnels du musée départemental Arles antique (un service du conseil général des Bouches-du-Rhône) collaborent efficacement depuis plus de vingt ans autour du fleuve et de la thématique rhodanienne.

Parallèlement, de très nombreux dépôts ont été progressivement consentis par l’Etat aux musées d’Arles, certains fort anciennement puisque le petit faune en bronze découvert aux Saintes-Maries-de-la-Mer et présenté au musée a été mis au jour dès 1967. Ces contacts privilégiés se sont récemment amplifiés avec la mise en place d’une chaîne archéologique complètement maîtrisée, depuis les eaux boueuses du Rhône jusqu’à la vitrine du musée. Sous la direction de Luc Long, les équipes du DRASSM fouillent, enregistrent et étudient les vestiges cependant que les spécialistes du musée classent, organisent les dépôts et restaurent les collections. Ce travail fédérateur a logiquement fait des émules et l’on assiste désormais sur le fleuve à l’émergence de jeunes équipes professionnelles, telle celle qui étudie l’épave Arles-Rhône 3. Les deux équipes du Drassm et du Musée, s’accordent enfin pour que la mise en valeur et la médiation des données découvertes soient rapidement effectives.

L’exposition César, le Rhône pour mémoire en est l’exemple tangible. Quelques mois à peine après que les derniers objets aient été remontés des eaux, les collections déjà restaurées, photographiées, partiellement étudiées et présentées dans leur écrin scénographique vont être offertes à la curiosité de tous, sous la responsabilité de Luc Long, commissaire général de l’exposition et de Fabrice Denise, commissaire exécutif. Il convient de les en féliciter.

Claude Sintes, Directeur du musée départemental Arles antique.
Michel l’Hour, Directeur du département des Recherches en archéologie subaquatique et sous-marine.


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"Les cours d’eau sont si heureusement distribués les uns par rapport aux autres qu’ils assurent dans les deux sens les transports d’une mer à l’autre, les marchandises ayant à être
à peine relayées par terre et toujours dans des plaines d’une traversée facile. Le plus souvent, on les transporte par les voies fluviales en choisissant les unes pour la descente, les autres pour la montée. Le Rhône présente à cet égard des avantages exceptionnels puisqu’il reçoit les affluents venus de diverses directions, qu’il débouche dans notre mer, laquelle est d’un plus grand rapport que la mer extérieure et qu’il traverse la contrée la plus favorisée de la Celtique.”(Strabon, Géographie, IV)

Comme le laisse penser cette citation du célèbre géographe grec, le Rhône a toujours constitué dans l’Antiquité une artère importante entre la mer et les autres cours d’eau, permettant aux marchandises de passer d’une mer à l’autre. Il n’est donc pas étonnant qu’un patrimoine exceptionnel ait été recensé aux embouchures du Rhône et jusque dans le fleuve à Arles depuis ces dernières années. Pour cette raison, l’exposition César, le Rhône pour mémoire met en relief les principales découvertes faites depuis vingt ans dans un domaine de recherches particulier, celui des fouilles sous-marines et subaquatiques.


Elles sont conduites par le DRASSM (ministère de la Culture), au large du littoral de la Camargue et dans le Rhône obscur et parcouru de forts courants. D’un genre particulier, ces opérations archéologiques livrent désormais un nouveau visage de la cité d’Arles, un autre aspect de sa grandeur romaine. Elles reconstituent bribes après bribes une partie de l’histoire d’Arles que le fleuve gardait précieusement en mémoire.

Avec près de 700 objets offerts au plaisir du visiteur, de l’aiguille en or au sarcophage de pierre, de la monnaie de bronze au portrait en marbre de Jules César, cette exposition reconstitue l’itinéraire des navires issus d’horizons lointains qui ont enrichi, durant plusieurs siècles, la cité romaine. C’est là en effet que se croisaient les grands voiliers maritimes et les chalands qui descendaient le fleuve. Face aux Saintes-Maries-de-la-Mer, la trace des uns ressuscite sous le sable et la vase, devant l’embouchure d’un ancien bras du Rhône aujourd’hui disparu. Celle des longs bateaux fluviaux apparaît au milieu des carcasses de voitures, dans les fosses profondes de l’ancien port fluvial arlésien. Le visiteur découvre ainsi, à travers une présentation très didactique, la richesse et la multitude des produits que redistribuait la cité romaine.

Face à celles d’Afrique, d’Espagne, d’Italie ou d’Orient, canalisées vers le Nord par l’axe Rhône-Saône, les denrées venues de Lyon ou de Vienne faisaient escale à Arles puis reprenaient leur route vers Rome et ses provinces. Ainsi, après la diffusion récente de deux documentaires très médiatisés sur les fouilles du Rhône dans le cadre du magazine télévisé “Des Racines et des Ailes”, l’exposition César, le Rhône pour mémoire justifie pleinement la pertinence de son propos scientifique et répond dans le même temps aux attentes d’un plus large public.

Luc Long, Conservateur en chef du patrimoine au DRASSM / Commissaire général / Commissaire scientifique.

 
© Maby J.-L. et Roux L.